
Les 28 et 29 janvier 2026, Alger a accueilli la deuxième édition du colloque IMPACTS RSE, organisé par Yassine Foudad à l’Hôtel Golden Tulip Royaume.
Cet événement, dont le programme réunissait experts nationaux et internationaux du développement durable, de l’économie circulaire, de la finance responsable et des systèmes de management, a confirmé la montée en puissance du débat RSE en Algérie.
Il faut saluer le travail remarquable de Yassine Foudad. Consultant RH-RSE, modérateur des deux journées et intervenant sur les normes ISO et labels RSE, il porte avec constance le développement de la Fresque de la RSE en Algérie. Son engagement dépasse l’organisation logistique d’un colloque : il structure un écosystème, fédère des compétences et crée les conditions d’un dialogue exigeant entre entreprises, universitaires, institutions et experts.
La qualité des panels (transition énergétique, gestion de l’eau, économie circulaire, décarbonation, finance responsable, lutte anticorruption) illustre une ambition claire : inscrire la RSE dans les priorités stratégiques du pays et non dans une simple logique de communication.
Invité à ouvrir la seconde journée par une conférence plénière consacrée à la « RSE dans le monde : état des lieux 2025 et enjeux pour la région MENA » , j’ai souhaité replacer le débat algérien dans un cadre international structuré.
La RSE connaît aujourd’hui une convergence mondiale autour de trois grands référentiels : les normes européennes ESRS, le cadre international ISSB et le GRI, référentiel volontaire le plus utilisé au monde. Comprendre ces « langages » devient indispensable pour dialoguer avec investisseurs, clients internationaux et partenaires financiers.
Contrairement à une idée répandue, la région MENA n’est pas « en retard ». Elle se situe dans une fenêtre stratégique. Selon les analyses présentées, 64 % des entreprises de la région s’appuient déjà sur le GRI, et la période 2025–2027 constitue une opportunité décisive pour structurer des démarches adaptées aux réalités locales.
Cette structuration est d’autant plus urgente que le World Economic Forum identifie cinq risques majeurs pour 2026–2028 : confrontation géoéconomique, conflits armés, polarisation sociétale, risques technologiques non maîtrisés et crise climatique. La RSE n’est plus une option morale, elle devient un outil de viabilité et de résilience.
Le message central de mon intervention était clair : passer d’une RSE de conformité minimale à une RSE stratégique. Cela implique cinq actions en six mois : réaliser une analyse de matérialité, choisir un cadre de référence adapté (GRI en base, ISSB ou ESRS selon l’exposition), installer une gouvernance claire, structurer la donnée et intégrer la supply chain. Des étapes bien connues des consultants et responsables RSE, et dont la simplicité mérite d’être rappelée.
Dans un contexte mondial brouillé par les ajustements réglementaires et les tensions géopolitiques, les organisations qui structurent aujourd’hui leur démarche seront les leaders régionaux de 2030.
Le colloque IMPACTS RSE d’Alger en apporte la démonstration : la RSE progresse lorsqu’elle s’appuie sur des réseaux, des outils communs et une vision partagée. La dynamique impulsée par Yassine Foudad et la Fresque de la RSE en Algérie illustre parfaitement l’utilité d’un développement coordonné à l’international, porté par des acteurs engagés et connectés.
L’Algérie ne regarde pas la transformation à distance : elle y prend part. Et c’est une excellente nouvelle pour toute la région.

Après un parcours industriel, Rémi Demersseman est devenu un entrepreneur à impact. De 2005 à 2015 il expérimente la RSE lors du développement d'une entreprise qui deviendra le 5ème acteur français du secteur des crèches. En 2015, il crée la fondation Oïkos pour la RSE qui déploie de multiples outils à destination des organisations en transition. Il est ainsi le concepteur de la fresque de la RSE, l'un des coordinateurs du Grand Livre de la RSE et le président du congrès international de la RSE.

