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La transition écologique dans les Balkans : un aperçu en Bulgarie

Bulgarian mountains

Comme à l’accoutumée depuis 27 ans, la COP 27 organisée cette fois par l’Égypte est le moment de connaître la différence de positionnement des acteurs du point de vue international.

Un tel évènement est aussi source d’élan dans la résolution des problématiques liées au climat et à la transition écologique.

Aujourd’hui, et pour faire écho à cet évènement, nous comptons donc apporter un éclairage sur les priorités liées à la transition écologique dans les Balkans. Cette brève analyse sera d’ailleurs l’occasion d’anticiper le prochain évènement de la COP28 qui se déroulera en 2023 dans les Balkans, précisément en Bulgarie.

Si les Balkans ont attendu longtemps, plus de vingt années avant de s’emparer des questions écologiques et de déployer des actions stratégiques en lien avec des enjeux environnementaux, on note, depuis peu, un engouement des préoccupations écologiques qui se traduisent en enjeu stratégique.

Assurément, et pour chaque pays, la situation diffère. Certains expliquent les retards d’actions environnementales et la compréhension des questions écologiques par le lien à l’héritage du communisme et à la lenteur de la mise en place des processus démocratiques. Aujourd’hui encore les questions de l’État de droit font partie des priorités à traiter pour plusieurs pays, tandis que les questions environnementales ont longtemps été négligées.
La transition écologique exige et permet la structuration de nouvelles formes de gouvernance. Les situations locales restent moins isolées et sont de plus en plus reliées aux enjeux planétaires. Cette situation ouvre de nouveaux espaces de régulation, de normalisation, mais aussi de conflictualité, engageant de nouveaux modes d’action et de coordination des parties prenantes.

La situation en Bulgarie :

La Bulgarie, pays balkanique qui a intégré l’Europe en 2007, n’échappe pas cette réalité, qu’il s’agisse des priorités et des enjeux environnementaux, ou de structuration de la gouvernance. Ainsi, dans ce pays aux revenus moyens le plus bas de l’Union européenne, cinq élections ont été organisées en seulement 17 mois.

Toutes les données attestent des progrès dans tous les domaines environnementaux, mais l’atteinte des objectifs du développement durable reste éloignée.

Le rôle des institutions :

Malgré un climat politique instable des derniers mois, la Bulgarie a considérablement amélioré ses performances environnementales. La législation bulgare reflète les exigences environnementales de l’UE, mais la mise en œuvre de cette dernière reste un énorme défi voire une difficulté.

Par exemple, concernant la qualité de l’air, les données de l’OMS indiquent sur les 2 dernières années que la capitale Sofia fait partie des 3 capitales les plus polluées des Balkans.

La construction dans les zones protégées, le manque d’intégration de la politique en matière de nature et de biodiversité, et l’absence d’objectifs de gestion et de conservation adéquats continuent de poser également problème aux gouvernements qui se succèdent.

Le pays manque également d’eau potable, le réseau d’égouts est incomplet et les taux de traitement des eaux usées urbaines sont encore trop faibles. Ce pays européen se trouve ainsi dans une position de reformulation de ses enjeux environnementaux.

Le développement durable est affiché en tant qu’une priorité importante pour le gouvernement bulgare. Le pays s’est engagé à réaliser les engagements pris tant au niveau national qu’international.

En 2020, cinq années après avoir signé le Plan 2030, la Bulgarie a présenté son rapport volontaire à l’ONU. Ce document décrit les initiatives entreprises pour atteindre les objectifs. Par la suite, le Conseil des ministres a adopté le programme de développement national BULGARIE 2030, qui répond aux grands objectifs stratégiques. Ce programme définit 13 priorités nationales dans cinq domaines de développement. Une de ces priorités s’intitule « Bulgarie verte et durable ».

Presque 10 ans après l’engagement international, le pays ne dispose pas de mécanisme national de coordination et de mise en œuvre de la transition écologique. La sensibilisation à l’Agenda 2030 et la communication avec les parties prenantes font également partie des principaux objectifs du gouvernement, mais ne sont pas encore intégrées dans l’agenda de gouvernance.

Le rôle du secteur privé :

Les entreprises restent le moteur économique, le moteur du changement, mais aussi de l’innovation dans la transition écologique. Leur rôle est amplifié dans le pays ou la coordination est absente et la mise en place des obligations présente une difficulté majeure. Le modèle économique et la flexibilité de l’entreprise deviennent majoritairement alignés sur les réalités du marché, ce qui les rend porteurs des questions liées à la durabilité.

La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) et/ou la durabilité sont des concepts débattus, contestés et très couramment utilisés dans la communication des entreprises.
Les entreprises engagées dans la transition écologique sont en augmentation constante.

Émergence de la société civile :

La transition démocratique est le paradigme clé qui a permis l’apparition des organisations non gouvernementales dans les pays de l’Est et en particulier la Bulgarie. Ces dernières années nous avons été témoins de la naissance grandissante des structures et de l’organisation de la société civile. Malgré sa jeunesse, elle est devenue un des piliers porteurs dans l’atteinte des objectifs de transition écologique.

Le gouvernement bulgare indique avoir impliqué de nombreuses parties prenantes dont la société civile, des groupes marginalisés, des entreprises et des universités dans son processus consultatif pour l’élaboration du premier rapport volontaire. Influencer par les bonnes pratiques des pays européens le gouvernement œuvre dans la mise en place de mécanisme consultatif qui permet le positionnement et la reconnaissance du rôle de la société civile.

Les actions entreprises doivent néanmoins être amplifiées pour que l’expression de la société civile puisse être entendue auprès de toutes les parties prenantes.

Dans une perspective de partage, de coopération et de transparence, notre réponse s’est traduite par la mobilisation de la société civile autour de l’Institut des Balkans du développement durable.

L’Institut des Balkans du Développement Durable – BSDI, est un institut indépendant qui œuvre dans les domaines de la recherche et du développement des politiques spécifiques liés au développement durable. C’est aussi une plateforme de dialogue entre toutes les parties prenantes mobilisant les pays des Balkans. BSDI a pour objectif la création des outils permettant la compréhension et l’atteinte des ODD au niveau des Balkans, européen et international, pour les institutions et organismes publics et privés.

Les activités de l’institut sont organisées autour des thématiques liées au climat, à l’environnement, à l’énergie et à la gestion des ressources naturelles, à la biodiversité et aux écosystèmes, mais aussi à la gestion durable.

La mission de BSDI est de soutenir toutes les parties prenantes dans leurs efforts d’intégration des principes de développement durable et de mise en œuvre de l’Agenda 2030, afin d’améliorer leurs performances et leurs réalisations : financières, sociales et environnementales.

BSDI développe et entretient un réseau actif de membres et de partenariats avec des institutions européennes et mondiales, des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des structures universitaires, des centres de recherche et d’information, des représentants d’entreprises et d’autres personnes actives dans le domaine du développement durable.

BSDI élabore des analyses, des programmes de recherche et des projets conformes aux meilleures pratiques mondiales, indépendamment ou conjointement avec des partenaires bulgares et étrangers. L’Institut développe des activités d’information et de formation visant à diffuser des politiques et des méthodes permettant l’amélioration de la gouvernance et le développement durable. BSDI organise également des forums pour promouvoir les bonnes pratiques et créer un dialogue territorial concernant les questions d’actualité liées au développement durable.

BSDI est l’unique structure dans la région qui unit les efforts de toutes les parties prenantes des pays des Balkans pour atteindre les objectifs du Plan 2030 grâce à la coopération avec des experts et des organisations actives dans le développement durable.

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Fondatrice / Présidente de l’Institut des Balkans pour le développement durable https://www.bsdi-institute.eu
Fondatrice /CEO Sofiaconcept

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